22 juil 2010

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Entretien avec Jean-Luc Dersoir, entraîneur de Surabaya Jiel

Le 4 juin dernier, Surabaya Jiel gagnait courageusement le Prix Lavater face à Scipion du Goutier. Un adversaire de taille qu’elle avait déjà battu à plusieurs reprises.
Elle le retrouvera dimanche dans la plus grande course montée, réservée aux 4 ans : Le Prix du Président de la République.

Vendredi 18 juin, Domaine de Grosbois, à Villecresnes, en région parisienne.
Rencontre avec Jean-Luc Dersoir, l’entraîneur des « Jiel ».
L’homme est modeste, sa réussite est remarquable. Il n’ose se comparer aux plus grands du métier, et pourtant les couleurs rayées bleu et jaune des Jiel brillent au plus haut niveau : celui des courses « classiques ».

Surabaya Jiel à Vincennes
Surabaya Jiel en plein effort lors du heat

Ces dernières années, Ladakh Jiel, Neoh Jiel, Nobilis Jiel, Quilea Jiel, ou encore Rombaldi ont mis en valeur l’élevage de Jean Luck (J. L. d’où Jiel) et le travail de précision réalisé par son homme de confiance, entouré d’une équipe performante.
La cour est calme, le travail organisé, les lads s’activent.
Deux pensionnaires de l’écurie viennent de passer avec succès les épreuves de qualification organisées sur les pistes du plus grand centre d’entraînement d’Europe.
Une cavalière sort un cheval monté, aux côtés d’un autre cheval de l’écurie, attelé.

Majestueuse, Surabaya rentre de promenade, avec, à son sulky, Philippe Renouf, le Premier Garçon, et ancien lad d’Ourasi.

Jean-Luc Dersoir ne semble pas ressentir de stress à 48 heures de l’épreuve phare. Il se prête volontiers au jeu des questions – réponses.

TrotMaster : « Surabaya Jiel est petite par la taille, mais grande par son courage. D’où lui vient cette qualité ? »

JLD : « En effet, elle fait preuve d’une générosité extraordinaire. C’est une jument qui a un cœur énorme. Elle se met ventre à terre pour finir ses courses. Cette qualité est très certainement génétique, son croisement ayant été étudié dans ce sens. Son père n’est autre que Goetmals Wood et sa mère est issue d’Ukir de Jemma. Il faut noter que Surabaya a toujours été préservée, ne subissant pas de courses dures. Après sa qualification à 2 ans, elle a couru attelé et montré de la qualité. Elle a réalisé de belles performances. Nous avons fait l’impasse sur le meeting d’hiver. Elle est revenue ensuite en compétition dans des épreuves attelées où elle s’est bien comportée, notamment avec Mathieu Abrivard à son sulky. Et dans la foulée, nous l’avons engagée dans la plus grande course montée pour 3 ans : le Saint Léger des trotteurs. Elle l’a gagné … montée par Mathieu, battant déjà Scipion du Goutier à la régulière. Depuis, c’est une collaboration fructueuse avec ce jockey d’exception. »

TrotMaster : « Lors de sa récente victoire, elle semble encore avoir franchi un palier, non ? »

JLD : « En effet, cet hiver, elle a changé morphologiquement, elle s’est étoffée, elle a pris de la force. Elle est allée se reposer en Normandie et elle est revenue de la campagne en pleine forme. Ce qu’elle vient de faire en course est digne d’une grande jument. Depuis sa dernière victoire, il y a deux semaines, elle est restée en bonne forme, je la trouve bien, voire même très bien. »

TrotMaster : « A part Scipion du Goutier, craignez-vous un autre concurrent dans la course ? »

JLD : « Scipion du Goutier est un grand cheval par la taille et par le talent. Mais nous nous méfierons aussi du représentant de Christian Bigeon, Saphir Haufor, et de l’autre pensionnaire de Franck Leblanc, Sawasde de Houelle. Après, c’est assez ouvert, je pense et pour une petite place, la deuxième représentante de l’écurie, Sakura Jiel, peut avoir son mot à dire. Elle aussi est en très bonne condition. »

TrotMaster : « Quel sera son programme après le Prix du Président ? »

JLD : « Elle prendra du repos puis sera re-préparée en vue du meeting d’hiver.
Nous l’engagerons dans des épreuves réservées aux chevaux de sa génération. En fait, nous observerons très attentivement comment elle « encaisse » les courses et nous aviserons en conséquence. Il ne faut pas fermer les yeux lorsque le cheval n’est pas bien. Il s’agit de préserver son moral comme son physique, les courses montées sollicitant particulièrement l’organisme et la mécanique du cheval. Mais avec les gains qu’elle a obtenus, elle ne pourrait qu’affronter le tout meilleurs à l’attelé, et il n’en n’est pas question pour l’instant. Nous courrons donc au monté.»

Surabaya Jiel et Philippe Renouf
Surabaya Jiel et Philippe Renouf à Grobois

Au quotidien, le lad de Surabaya Jiel est Steeve Lapotre. Nous n’avons pu le rencontrer, car ses fonctions le retiennent au Haras que possède Monsieur Luck. Alors c’est à Philippe Renouf, suppléant de luxe, que nous avons posé la dernière question :

TrotMaster : « Quel est la caractère de Surabaya Jiel, comment se comporte-t-elle lorsqu’elle n’est pas en course ? »

PR : « Comme le font souvent les très bons chevaux, Surabaya Jiel montre un caractère fort. Elle est assez nerveuse. Elle cherche à s’imposer, et pas seulement en compétition. C’est une jument, et on n’agit pas de la même façon qu’avec un mâle. Il faut davantage composer, ne pas chercher à lui répondre de manière trop autoritaire, ni trop frontalement. Son mental est puissant. Elle mange toujours bien, avant et après le travail. C’est aussi à cela qu’on reconnaît les bons chevaux.
Ce matin, elle était gaie, bien fraîche. »

Françoise VANDEPUTTE

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